A.Vogel A.Vogel
A.Vogel A.VogelA.VogelA.VogelA.Vogel
A.Vogel
A.Vogel
A.Vogel
A.Vogel
A.Vogel
Echinacée
E. purpurea, E. Angustifolia, E. Pallida

par Jean-Yves Dionne BSc. Pharm.

A-t-elle un rôle à jouer dans le traitement des infections des voies respiratoires supérieures (IVRS) ?

Depuis plusieurs années, l'échinacée est la plante médicinale la plus utilisée dans le monde occidental. Des millions de personnes utilisent des préparations à base d'échinacée pour traiter toutes sortes d'affections respiratoires et d'infections. Pourtant, le monde médical n'est pas encore convaincu. Quelques auteurs soutiennent que les données sont controversées, que les résultats ne sont pas assez concluants pour endosser l'usage de l'échinacée dans les IVRS et les infections.

Malgré le manque de rigueur de certains protocoles de recherche sur l'échinacée, on note tout de même une multiplication des preuves cliniques (et du nombre d'utilisateurs).

Des chercheurs ont constaté qu’un extrait sec d'Echinacea pallida (900 mg par jour) diminuait la durée des infections respiratoires de 13 jours (placebo) à 9.8 jours pour les infections bactériennes et à 9.1 jours pour les infections virales.(1)

L'étude de Grimm et Muller démontre que l'extrait liquide d'échinacée pourpre (E. purpurea) réduit la durée moyenne du rhume de 6.5 jours à 4.5 jours. L’extrait n'a cependant pas d'effet préventif.(2)

Une autre étude démontre que l'usage du jus frais d'échinacée pourpre (20 gouttes dans 4 onces d'eau aux 2 heures pour la 1ère journée et 3 fois par jour ensuite) réduit la durée des rhumes de moitié comparé au placebo (4 jours vs 8 jours).(3)
 

Des patients ayant utilisé une préparation comprenant les 3 échinacées (E. purpurea, E. angustifolia, E. pallida) ont rapporté une diminution significative des symptômes associés aux infections respiratoires.(4)

La majorité des contre-indications et précautions couramment mentionnées pour l’échinacée sont remises en question par K. Bone (Directeur du Collège de Phytothérapie d’Australie). Grâce aux dernières analyses des principes actifs et de la biodisponibilité de l’échinacée, il considère que les limitations de l'usage qu'on retrouve dans les monographies de la Commission E Allemande ne seraient pas justifiées. Selon lui, les maladies auto-immunes, comme l'arthrite et le lupus, pourraient bénéficier de l'effet normalisateur de l'échinacée. De même, d’après K. Bone et M. Blumenthal (directeur du American Botanical Council), l’usage de l’échinacée ne serait pas contre-indiquée dans les cas d'infection au VIH. Par contre, il est important de faire comprendre aux patients que l'échinacée ne traite pas le VIH.(5)

Finalement, quoique les résultats ne soient pas jugés suffisants par certains, les auteurs s’entendent généralement sur un point : l'échinacée est utile dans le traitement des IVRS et peut diminuer la durée et les symptômes des rhumes et des grippes.
  
Références

1-Dorn M, Knick E, Lewith G. Placebo-controlled, double-blind study of Echinacea pallidae radix in upper respiratory tract infections. Complement Ther Med 1997;5:40-2.
2-Grimm W, Muller HH. A randomized controlled trial of the effect of fluid extract of Echinacea purpurea on the incidence and severity of clods and respiratory infections. Am J Med 1999;106(2):138-43.
3-Hoheisel O, Sandberg M, Bertram S et al. Echinacea treatment shortens the course of the common cold: a double-blind, placebo-controlled clinical trial. Eur J Clin Res 1997;9:261-9.
4-Brinkeborn RM, Shah DV, Degenring FH. Echinaforce and other echinacea fresh plant preparations in the treatment of the common cold. A randomized, placebo controlled, double-blind clinical trial. Phytomedicine 1999;6(1):1-5.
5-Bone, K. Echinacea: When Should it be Used? The European Journal of Herbal Medicine, Vol 3(3) Winter, 97-98, pp. 13-17.