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Pour cultiver sa santé!

À quoi ressemble votre SPM?

par Sonia Chartier, le 5 October 2015, Santé des femmes
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co-écrit par Rick Olazabal, B.Sc., B.N.

Au cours des dernières années, on m’a plusieurs fois demandé de prendre la parole à propos de la santé féminine. Comme il s’agit de questions souvent étroitement liées à l’endocrinologie, j’étais très à l’aise de le faire. Le problème, toutefois, c’est que j’étais « le gars » qui s’adressait à un groupe de femmes – les expertes du sujet!

Si vous êtes une femme, ce qui est fort probable si vous êtes en train de lire ceci, je vous demande donc de bien vouloir me pardonner à l’avance. En effet, qu’est-ce que ce gars pourrait bien vous dire sur le SPM que vous ne savez déjà? Hé bien, voyons un peu…

Pour commencer, le syndrome prémenstruel (SPM) ne constitue pas un diagnostic en tant que tel; il s’agit d’un groupe de symptômes associés aux fluctuations des taux d’œstrogène et de progestérone pendant la phase lutéale du cycle féminin. Ça sonne comme un manuel scolaire, non? Mais pour vous, qu’est-ce que cela veut dire dans la vraie vie? Car on sait bien que les femmes n’éprouvent pas toutes les mêmes symptômes au même moment et avec la même intensité.

Il existe quatre groupes de symptômes de SPM :

  • SPM-A : inclut l’anxiété, les sautes d’humeur, la nervosité, l’irritabilité;
  • SPM-C : marqué par les crises ou rages de nourriture ainsi que par des symptômes d’hypoglycémie (baisse de sucre) comme les maux de tête, les étourdissements et le cerveau embrumé;
  • SPM-D : réunissant dépression, insomnie, mauvaise mémoire, émotions exacerbées (ex. : pleurs);
  • SPM-H : où sont présents prise de poids, œdème, ballonnements et hyperhydratation.

Alors, quel est votre type de SPM et que pouvez-vous y faire?

Il est particulièrement important de consulter un professionnel de la santé qualifié pour vérifier l’opportunité d’une intervention médicale classique. Cela permettra d’écarter tout problème sérieux sous-jacent (par exemple l’hypothyroïdie, la dépression, etc.). L’étape suivante consistera à neutraliser tous les obstacles nuisant à un soulagement. Cela passe notamment par la réduction des contaminants potentiels de l’environnement, la gestion du stress et le maintien d’une bonne fonction digestive et hépatique (pour l’excrétion efficace des hormones).

Selon certaines sources, les femmes souffrant de SPM (en comparaison de celles qui n’éprouvent aucun symptôme) ont tendance à consommer 1:

  • 62 % plus de glucides
  • 275 % plus de sucres raffinés (y compris les jus et boissons gazeuses)
  • 79 % plus de produits laitiers
  • 78 % plus de sodium
  • 53 % moins de fer
  • 77 % moins de manganèse
  • 52 % moins de zinc

La solution peut sembler évidente, mais changer son style de vie et ses habitudes alimentaires (comme d’éliminer la caféine et le sucre) est plus facile à dire qu’à faire! Toutefois, je ne saurais trop insister sur l’importance d’entreprendre une démarche en ce sens pour obtenir des changements positifs durables au niveau des symptômes.

Le professionnel de la santé pourra demander des analyses sanguines, habituellement au jour 3 ou 4 du cycle, afin de déceler toute anomalie des taux d’œstrogène et de progestérone. La constitution d’un historique détaillé des signes et symptômes spécifiques permettra de mieux voir à quelle catégorie de SPM ils correspondent et à prendre les mesures nécessaires pour les atténuer.

Il est important de s’assurer que d’autres problèmes ne sont pas en cause, comme l’endométriose, les fibromes, le syndrome des ovaires polykystiques… la liste est longue! Et il ne faut surtout pas négliger de mentionner tout antécédent personnel ou familial de cancer. Ce n’est qu’à cette condition qu’il sera possible d’en venir à un protocole sécuritaire, complet et efficace.

Et si on parlait des solutions?

Problème de clairance : Si c’est là la cause des symptômes du SPM, on pourra prescrire des doses élevées de vitamine B6 en plus du magnésium et de la vitamine E. La vitamine B6 joue un rôle particulier dans la clairance de l’œstrogène. La théorie veut que le coupable ne soit pas l’œstrogène seul, mais plutôt les sous-produits de son métabolisme. En d’autres termes, lorsque le foie « désactive » ou modifie l’œstrogène en le faisant passer d’une forme (par exemple l’estradiol) à une autre, celle-ci peut contribuer à exacerber les symptômes – d’où l’importance d’aider l’organisme à excréter ces métabolites.

Crampes, sensibilité des seins : Si les taux de progestérone s’avèrent inférieurs à la normale (ce qui peut provoquer des variations dans la durée du cycle, de la sensibilité au niveau des seins, des kystes ou des crampes), les baies de gattilier (Agnus vitex-castus) peuvent être incluses dans le protocole. D’autres plantes comme l’angélique chinoise (Angelica sinensis) pourraient s’ajouter afin d’atténuer les crampes, de même que la réglisse (Glycyrrhiza glabra) si la rétention d’eau est un problème.

Fatigue et nervosité : Si la fatigue est au nombre des symptômes, une plante adaptogène comme la rhodiole (Rhodiola rosea), l’ashwagandha (Withania somnifora) ou la réglisse (Glycyrrhiza glabra) pourrait venir à la rescousse, à condition de vérifier au préalable s’il ne s’agit pas plutôt de troubles thyroïdiens ou de problèmes de tension artérielle auprès d’un professionnel de la santé. Pour atténuer la fatigue mentale, l’avoine fleurie (Avena sativa) est une option à envisager.

Ballonnements : En présence de ballonnements et de malaises digestifs, le protocole peut aussi prévoir un apport en fibres, en produits fermentés et en probiotiques. Les plantes qui soutiennent la fonction hépatique de même que celles qui facilitent la production d’acide par l’estomac peuvent aider à réduire les symptômes de ballonnements et de distension.

Périménopause : Pour les femmes qui entament leur périménopause, l’actée à grappes noires (Cimifuga racemosa) peut également s’avérer bénéfique.

Douleur (en général) : Rares sont les gens qui raffolent des aiguilles, mais il serait dommage de se priver des vertus de l’acupuncture pour soulager la douleur associée au SPM. Du côté de la phytothérapie, la griffe du diable (Harpagophytum procumbens) et la feuille d’ortie ont fait leurs preuves quant à leur effet anti-inflammatoire. Voilà des solutions de rechange à considérer sérieusement si vous souhaitez réduire l’utilisation des analgésiques couramment prescrits – et disponibles en vente libre – comme l’acétaminophène et l’ibuprofène.

Bien que les plantes médicinales décrites ici fassent partie de la pharmacopée naturelle des symptômes du SPM, souvenez-vous que chaque cas est différent : le dosage, la fréquence et l’efficacité peuvent varier d’une femme à l’autre.

En herboristerie traditionnelle, certaines plantes sont plus indiquées en cas d’« excès » (ex. : crampes prémenstruelles, flux abondant) tandis que d’autres seront conseillées dans des situations de « carence » (ex. : sensation d’épuisement, de fatigue ou de désespoir). Comme il n’est pas toujours facile de décider soi-même ce qui nous convient le mieux, il vaut toujours mieux consulter un professionnel de la santé ou un naturopathe qualifié.

Les femmes qui éprouvent depuis longtemps des troubles menstruels ont également intérêt à faire vérifier leurs réserves de fer et à prendre des suppléments au besoin.

En conclusion, si vous avez envie d’une tablette de chocolat, faites-vous plaisir – vous le méritez bien. Et si vous avez envie de crêper le chignon de votre voisine de bureau… il se peut qu’elle le mérite aussi, même s’il vaut mieux pour vous de ne pas passer à l’acte! Plus sérieusement, si vous souffrez du SPM sous une forme ou une autre, dites-vous qu’il y a toujours un professionnel prêt à vous donner un coup de pouce. Les solutions existent!

1-Pizzorno et al., 2008

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