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Pour cultiver sa santé!

L’axe cerveau-intestin, un inséparable duo

par Sonia Chartier, le 24 August 2016, Digestion @fr
axe cerveau-intestin

co-écrit par Rick Olazabal, B.Sc., BN

L’axe cerveau-intestin est un de mes sujets de prédilection.

Cette interaction est probablement l’exemple qui illustre le mieux en quoi tous les éléments de notre organisme sont liés et comment notre environnement extérieur affecte notre condition intérieure. Car même si l’intestin est un organe interne, ce qu’il contient fait en réalité partie du monde extérieur!

L’intestin renferme une importante quantité de bactéries (leur nombre dépasse celui de nos cellules), dont la plupart sont bénéfiques. Sans elles, nous ne tarderions pas à tomber malades et même à mourir. Pour garder un œil sur ces bactéries, vous pouvez compter sur les très nombreuses cellules immunitaires qui résident également en permanence dans l’intestin. Véritables « agents de sécurité », ces cellules s’assurent en outre que les aliments que nous ingérons sont sans danger.

La motilité (c’est-à-dire les mouvements permettant le transport des déchets) est quant à elle régie par le système nerveux de l’intestin, et la digestion est liée à l’activité du système nerveux parasympathique (la partie qui gère le repos et la relaxation). Si cet équilibre fragile est rompu, il peut s’ensuivre une cascade d’événements défavorables. Dans cet article, nous explorerons les grandes lignes de la relation entre le cerveau et l’intestin, son mécanisme et les conséquences d’un éventuel déséquilibre.

Qu’est-ce que l’axe cerveau-intestin? 

Les parois de l’intestin sont en quelque sorte enveloppées d’un vaste réseau de cellules nerveuses, appelé système nerveux entérique (SNE). Ce réseau, qu’on qualifie de « deuxième cerveau », comporte plus de 100 millions de cellules nerveuses (le cerveau en compte 100 milliards), disséminées de l’œsophage jusqu’au rectum.

Comment tout cela fonctionne-t-il?

Le SNE joue un rôle semblable à celui des cellules cérébrales, soit de répondre aux signaux de l’environnement. Contrairement au cerveau, le SNE ne peut pas exécuter des fonctions cognitives supérieures, comme la mémoire ou les émotions. (Sauf peut-être pour raviver de mauvais souvenirs de voyage sous les tropiques, mais ça c’est une autre histoire!) Le SNE participe cependant au contrôle des fonctions digestives comme la déglutition, le transport du sang vers le tube digestif pour l’absorption des particules alimentaires, la libération d’enzymes digestives et l’envoi de messages au cerveau.

Qu’arrive lorsque la connexion se fait mal?

Puisque le système nerveux et le système sont très étroitement liés, tout stress (irritation, inflammation, etc.) aura forcément des répercussions. Prenons par exemple le syndrome du côlon irritable (SCI). On parle de syndrome parce qu’il s’agit d’un ensemble de signes et de symptômes, dont la plupart sont associés à des problèmes digestifs (ballonnements, indigestion, diarrhée et/ou constipation, selles fines, présence de mucus dans les selles) de même qu’à l’anxiété (à cause d’un facteur de stress). Auparavant, on croyait qu’il s’agissait d’une avenue à sens unique, où le stress mental déclenchait des troubles fonctionnels de l’intestin. Or, on sait maintenant que l’inverse peut aussi se vérifier, et que l’irritation au niveau de l’intestin peut engendrer des problèmes d’humeur, notamment l’anxiété, l’irritabilité et l’agitation, de même que la dépression, fréquente chez les personnes atteintes du SCI.

Lorsque la flore bactérienne normale (les bonnes bactéries de l’intestin) est mise à mal, certaines bactéries opportunistes peuvent proliférer et s’installer, non sans produire des toxines et susciter une réaction inflammatoire. Cela peut notamment survenir en cas d’utilisation inadéquate d’antibiotiques, ou même si ces derniers sont administrés correctement. N’allez surtout pas penser qu’il s’agit là d’un désaveu de l’utilité des antibiotiques – mais on ne peut nier le risque de certaines conséquences indésirables (douleur abdominale, ballonnements, indigestion, diarrhée et intolérances alimentaires subséquentes). D’autres situations empêchant le mouvement normal des aliments dans l’intestin (problèmes de motilité) pourraient provoquer des symptômes semblables. Les infections ou les conditions affectant la sécrétion normale de bile et d’enzymes digestives, entre autres, peuvent entraîner des modifications dans l’intestin de même qu’au niveau de l’humeur et du comportement.

Ce qu’on peut faire

Lorsqu’il est question d’alimentation, il y a tellement de modes et de diktats à droite et à gauche (on n’a qu’à penser aux régimes sans gluten) qu’on ne sait plus où donner de la tête. Dites-vous que ces recommandations ne sont pas toujours efficaces et que ce qui est bon pour une personne ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Mon conseil est de faire vos propres recherches. Consultez votre équipe de professionnels de la santé, y compris un naturopathe agréé, pour savoir quelles options s’offrent à vous.

Cela dit, adopter une saine alimentation comprenant une grande quantité de légumes de même que des quantités modérées de protéines et de bons gras est un bon point de départ.

  • Dites non aux aliments traités.
  • Évitez les boissons sucrées, par exemple les jus, et toutes les boissons vitaminées étiquetées « santé » – elles ne contiennent pas tant de vitamines, mais plutôt des sucres. Il faut savoir que le sucre peut causer de l’inflammation dans l’intestin et être aussi très dommageable pour le foie (voyez ce qu’on dit de la stéatose hépatique non alcoolique) et le pancréas. Il est à noter que les aliments à haute teneur en sucre ne se trouvent pas seulement au rayon des desserts et des friandises.
  • Consultez toujours l’information nutritionnelle et souvenez-vous que 4 g de « glucides » équivalent à une cuillerée à café comble de sucre! Pour être considérée comme modérée, la consommation de sucre ne doit pas dépasser 19 g par jour… et c’est peut-être encore trop.

Probiotiques: Si vous prenez des antibiotiques, ou si vous venez de terminer un traitement, demandez à votre médecin ou naturopathe de vous conseiller un bon probiotique qui pourrait aider à régénérer votre flore intestinale. Les probiotiques ne se valent pas tous et ne sont pas tous efficaces. Le nombre de bactéries (ou unités formant colonie), la souche bactérienne et la qualité du produit (absence d’additifs) ont tous une importance.

Certains produits fermentés peuvent donner un bon coup de pouce en favorisant l’action des probiotiques. Selon certains, la prise d’un probiotique après une antibiothérapie pourrait ne pas suffire à recoloniser l’intestin; en théorie, les produits contenant de l’acide lactique devraient permettre d’accélérer le processus. C’est que certains probiotiques produisent de l’acide lactique, qui non seulement facilite l’absorption des nutriments, mais crée aussi un milieu peu apprécié des mauvaises bactéries. Finalement, selon certaines études, la glucosamine et la glutamine pourraient contribuer à la santé de l’intestin.

Quant à l’anxiété, qui peut insidieusement affecter la digestion, les techniques de gestion du stress et l’exercice ont fait leurs preuves pour calmer le jeu. En période de stress, le cerveau relègue la digestion bien loin dans ses priorités; il faut donc agir à la source. Vous trouverez plus de renseignements à ce propos dans notre article intitulé « Les facteurs de stress: ne les laissez pas vous gâcher l’existence! ».

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