Allergies : peut-on pécher par excès de propreté?

L’hygiène est indéniablement un facteur essentiel à la santé. Mais à cet égard, se pourrait-il que le trop soit l’ennemi du bien?

Allergies


Owen Wiseman
@AVogel_ca


04 septembre 2018

Lorsque notre mère nous met au monde, que ce soit par les voies naturelles ou par césarienne, nous sommes instantanément exposés à de multiples organismes en circulation dans l’air. Selon une étude génétique menée par le Berkeley National Laboratory, l’air que nous respirons peut contenir jusqu’à 1800 types différents de microbes. Pas de panique – la plupart d’entre eux sont inoffensifs.  Vous n’avez pas à vous enfermer dans une bulle de verre pour le reste de vos jours!

Accouchement par voie vaginale

La plupart des études actuelles tiennent pour acquis que le tube digestif des fœtus est stérile puisque ceux-ci n’ont pas à transformer la nourriture… Or, on a déjà observé la présence d’une population microbienne dans le tube digestif de certains prématurés après la naissance.

En circulant, le sang de la mère apporte à l’enfant les éléments nutritifs dont il a besoin, récupère les déchets et fournit en même temps une protection immunologique. Lorsqu’ils naissent par les voies naturelles, les bébés sont exposés à la flore microbienne du vagin, ce qui leur permet de se familiariser en quelque sorte avec de nombreux organismes et d’amorcer le développement de leur système immunitaire. Cela favorise également la création d’un microbiome intestinal diversifié, qu’on sait essentiel à la santé globale de tout être humain.

Accouchement par césarienne

Les bébés nés par césarienne ne sont pas exposés aux microbes présents dans le milieu vaginal et on a constaté chez eux un développement anormal du microbiote. Des recherches portant sur des bébés prématurés montrent toutefois que le type d’accouchement n’a pas de répercussions à long terme sur le développement de la flore intestinale.

Qu’est-ce que tout ça a à voir avec les allergies?

Le placenta joue le rôle d’un bouclier, qui empêche la majeure partie des bactéries et des virus d’atteindre le fœtus en gestation. Lorsque la mère est exposée à certains éléments pathogènes, elle développe des anticorps qui lui permettront de réagir plus rapidement et plus efficacement si le même microbe se présente à nouveau. Ces anticorps peuvent être transmis de la mère à l’enfant.

Certains aliments, comme les arachides, ou plantes, par exemple l’herbe à poux, contiennent des substances dites allergènes. Ces dernières sont en fait sans danger et, normalement, l’organisme qui y est exposé les identifie comme n’étant pas menaçantes. Les allergies se déclareront chez les personnes dont le système immunitaire ne réagit pas correctement. Mal « étiquetées », ces substances provoquent alors systématiquement une réaction, parfois très sévère – au point même d’entraîner la mort dans les cas extrêmes.

Il s’avère que les bébés nés par césarienne courent un risque modérément accru de développer des allergies alimentaires, une rhinite allergique ou de l’asthme (et dans ce dernier cas, de subir une hospitalisation). Les différentes études effectuées jusqu’à présent ont amené les chercheurs à prendre un peu de recul afin de se demander quelles populations seraient davantage exposées à une plus grande quantité de microbes et de voir comment leur système immunitaire se développe.

Pendant ce temps, à la campagne...

La poussière présente en milieu agricole contient une forte densité d’agents microbiens et stimule la production par l’organisme d’une protéine protectrice qui empêche la réaction immunitaire inflammatoire. Une étude scientifique a mis en lumière l’importance d’une enzyme appelée A20, présente dans les muqueuses. On a remarqué que cette enzyme habitue l’organisme à ne pas réagir outre mesure à des microbes bénins et qu’elle est moins active chez les personnes asthmatiques. Ces observations viennent étayer la théorie selon laquelle le fait de maintenir les enfants dans un environnement aseptisé pourrait au bout du compte être nuisible à leur santé.

Existe-t-il possible de concilier propreté et développement d’un système immunitaire fonctionnel?

De nombreux produits d’entretien vendus sur le marché font grand étalage de leurs vertus antimicrobiennes et de leur capacité à éliminer 99,9 % des germes. Bien sûr, c’est exactement l'effet recherché dans un milieu clinique ou un bloc opératoire, mais on doit aussi se rappeler que si les êtres humains n’étaient jamais exposés aux microbes, ils ne pourraient pas non plus apprendre à se défendre en cas d’attaque.

Sun Tzu, l’auteur de L’Art de la guerre (sans conteste l’un des plus célèbres traités de stratégie militaire), a écrit : « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même, et cent batailles ne te mettront jamais en péril. » Ce proverbe s’applique fort bien à la fonction immunitaire du corps humain.

L’utilisation de nettoyants faits maison peut aider à prévenir les allergies tout en évitant l’exposition à des produits chimiques forts. Un simple mélange de vinaigre et d’eau, à parts égales, procure un nettoyant tout usage facile à préparer, auquel on peut ajouter des huiles essentielles ayant des propriétés spécifiques.

Quelles huiles essentielles peuvent m’être utiles?

Les huiles essentielles proviennent souvent de la distillation à la vapeur d’une plante. Avant l’invention du réfrigérateur, il fallait bien conserver la viande et la protéger de tous les vilains microbes qui voulaient s’en nourrir eux aussi, ou tout simplement s’en servir comme moyen d’entrer (sans payer!) dans le corps humain.

Or, plusieurs des herbes utilisées couramment en cuisine ont des vertus antimicrobiennes. Thym, romarin, ail, ciboulette, etc. sont autant d’aromates qui joignent l’utile à l’agréable. Une étude in vitro a démontré que certaines herbes protègent contre des microbes spécifiques.

À titre d’exemple, la menthe (Mentha piperita) a des effets protecteurs contre des espèces telles que E. coli, S. aureus et C. albicans, des microbes très connus et répandus. Il a aussi été démontré que les huiles essentielles stimulent le système immunitaire et aident à réduire toute hyper-réactivité aux allergènes ou à des micro-organismes relativement inoffensifs.

Donc, pour prévenir maladies et allergies, n’hésitez pas à relever vos plats et à utiliser des huiles essentielles comme celles de la gamme Aromaforce. Autant que possible, évitez d’entrer en contact avec les substances chimiques irritantes des produits d’entretien ou de créer un environnement trop stérile.

Références:
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https://www.tandfonline.com/doi/full/10.3109/1547691X.2012.707696

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