A.Vogel Blog
 

Blogue A.Vogel – Sain et Naturel

Pour cultiver sa santé!

Les bienfaits de la marche: Pour vivre plus longtemps, marchez plus vite!

par Sonia Chartier, le 24 mai 2017, Circulation@fr
marche

Les tableaux de la Renaissance ont souvent représenté la mort sous les traits d’une longue silhouette vêtue de sombre et munie d’une faux…

Plusieurs siècles plus tard, à Sydney, en Australie, un groupe de médecins et de chercheurs travaillant en médecine gériatrique a un jour eu l’idée de vérifier à quelle vitesse celle qu’on appelle parfois encore la Grande Faucheuse était capable de se déplacer.

Un peu macabres, les docs? À première vue peut-être, mais vous allez voir que leur objectif n’avait rien de surnaturel, bien au contraire!

Menée en collaboration avec le projet CHAMP (Concord Health and Ageing in Men Project), l’étude qui réunissait 1705 hommes âgés de 70 ans ou plus résidant à Sydney avait pour but de vérifier le lien entre vitesse de marche et mortalité. Non sans humour, les chercheurs avaient émis l’hypothèse que la Faucheuse devait bien avoir une vitesse de marche maximale et qu’en se déplaçant à une allure supérieure, on pourrait ainsi la distancer.

La vitesse de marche est couramment utilisée pour mesurer la capacité physique chez les personnes âgées. Des études antérieures ont en effet démontré que cette donnée peut aider à évaluer les probabilités de survie, et ce, de manière comparable chez plusieurs groupes ethniques.

Rien ne sert de courir…

Si d’autres travaux de recherche ont déjà permis d’associer faible vitesse de marche et mortalité, la corrélation biologique claire entre les deux reste encore à établir. En attendant que toute la lumière soit faite sur notre marche plus ou moins lente vers la sortie finale, l’étude australienne nous a réservé quelques révélations fort intéressantes.

Les scientifiques ont supposé que la Faucheuse se déplaçait normalement à une vitesse de 3,2 km/h. Notons qu’il s’agit de la vitesse de croisière de la dame en noir dans des conditions normales de travail, les chercheurs étant conscients qu’elle peut presser ou ralentir le pas comme bon lui semble…

Toujours selon le postulat de base, les hommes capables de marcher à une cadence supérieure auraient ainsi toutes les chances de la semer. Car on sait bien que de vie à trépas, il n’y a souvent qu’un pas… soit dit sans mauvais jeu de mots!

Aux fins de l’étude, on a donc mesuré le temps requis par les sujets pour franchir une distance de six mètres, à deux reprises (le temps le plus rapide étant retenu). L’expérience a été répétée tous les quatre mois pendant cinq ans.

Les sujets capables de se déplacer à plus de 3,2 km/h ont vu leur risque de mortalité diminuer de 23 % comparativement à ceux qui ne pouvaient atteindre ce rythme. Aucun des hommes en mesure de marcher à 4,8 km/h n’est décédé durant l’étude; ce tempo pourrait vraisemblablement être considéré comme la vitesse maximale de la Faucheuse.

Comme l’ont fait remarquer les chercheurs, la vitesse de marche de 3,2 km/h est celle qui est associée à l’espérance de vie moyenne, et ce, à la plupart des âges et chez les deux sexes dans diverses populations.  Leur évaluation de la démarche de la Faucheuse pourrait donc s’appliquer quels que soient le lieu géographique, le sexe ou l’origine ethnique.

Et vous, dans tout ça?

Plus sérieusement, l’équipe scientifique est parvenue à la conclusion que la vitesse de marche est intimement liée à la longévité et qu’elle pourrait constituer un bon indicateur pour détecter les sujets plus vulnérables. Il serait ainsi possible d’intervenir auprès de ces personnes de manière préventive, au moyen par exemple d’activités de promotion de la santé.

Mais les chercheurs espèrent surtout que le fait de savoir qu’on peut retarder la mort simplement en marchant d’un pas plus rapide encouragera les hommes d’un certain âge à être plus actifs physiquement.

Voici quelques conseils à l’intention de tous ceux et celles qui souhaitent retarder le plus possible le «grand départ» :

  • Il est plus facile de maintenir un niveau d’activité d’intensité légère, mais de façon régulière, que de se lancer du jour au lendemain dans un programme trop intense. Engagez-vous à faire une promenade quotidienne de 10 à 20 minutes plutôt que de vous abonner à un club de tennis ou de vous entraîner en vue de faire un marathon avant la fin de l’été. Une fois que vous aurez acquis davantage de mobilité, vous pourrez songer à canaliser vos efforts dans des activités plus exigeantes.
  • Le yoga et la méthode Pilates peuvent aider à développer la souplesse et à réduire les raideurs susceptibles de limiter vos capacités à pratiquer différentes activités physiques.
  • L’essoufflement est parfois dû à une carence en fer; si vous êtes un peu pâle et essoufflé, un tonique à base de fer pourrait peut-être vous faire du bien. (Si vous ressentez une grande fatigue ou que vous avez le souffle très court, consultez votre médecin pour faire analyser votre taux de fer.)
  • Préservez l’élasticité de vos vaisseaux sanguins par un apport constant en flavonoïdes, que vous trouverez dans les abricots, les baies de cassis, les bleuets, les cerises, les agrumes, les kiwis, les raisins, les mangues, les pruneaux, les framboises, les carottes, les poivrons verts, les oignons (en particulier les rouges), les tomates et le sarrasin.
  • Pour limiter les douleurs dans vos jambes nouvellement actives, utilisez des préparations à base de marronnier d’Inde.
  • Songez à prendre du Ginkgo biloba afin d’améliorer votre circulation et de stimuler votre débit sanguin.
  • Décuplez votre motivation en faisant de l’exercice avec des amis; en prime, vous passerez d’agréables moments en bonne compagnie!

Référence:
Stanaway FF et al. BMJ 2011; 343: d7679

 

Read more:
Bruits d’estomac…une symphonie trop gênante…

co-écrit par Rick Olazabal, B.Sc., BN Vous êtes affamé et votre estomac gargouille? Grignoter un morceau devrait le faire taire....

Close