Mauvaise odeur corporelle? Et si c'était la faute de votre digestion?!?

Médicalement et pudiquement appelées bromidrose, les mauvaises odeurs corporelles se développent par suite d’une prolifération de bactéries (par exemple Staphylococcus homini) au contact de la sueur.

Soins corporels | Digestion


Owen Wiseman
@AVogel_ca


11 juillet 2018

Ces bactéries se mettent à décomposer les particules d’eau, d’urée, de sel et de sucre présentes dans la transpiration, et les transforment en thioalcools. C’est à cette famille de substances qu’on doit les odeurs fortes d’oignon, d’ail et, en partie, de l’arme liquide de la bien nommée « bête puante » – ou mouffette. Mais on aurait tort d’ostraciser ces composés; ajoutés à des gaz inodores, ils s’avèrent fort utiles pour permettre de détecter les fuites ou de signaler une émission à proximité.

Quel rôle les odeurs jouent-elles?

Si les fortes odeurs corporelles déplaisent à plusieurs, elles n’en constituent pas moins un mode de communication pour l’organisme. Notre odeur « normale » nous est en général familière, tout comme les changements qu’elle risque de subir après une activité physique ou une journée de travail. Tout parfum inhabituel peut donc être l’indice que quelque chose ne tourne pas rond!

Comment les odeurs corporelles se développent-elles?

Tous les êtres humains sont dotés de deux types de glandes sudoripares. Les grandes eccrines sont réparties sur tout le corps, mais plus particulièrement au niveau des mains et des pieds. Elles jouent un rôle important pour la régulation de la température corporelle et peuvent produire plusieurs litres de sueur dans une seule journée! Il s’agit principalement d’eau qui s’évapore et rafraîchit le corps; ces glandes peuvent cependant devenir hyperactives, une condition qui porte le nom d’hyperhidrose.

Les autres glandes sudoripares sont dites apocrines et se retrouvent principalement sous les aisselles et dans la région de l’aine. Lorsque survient l’ouragan hormonal communément appelé puberté, ces glandes manifestent un excès de zèle – olfactivement perceptible dès que vous ouvrez la porte de la chambre de votre ado. Outre de l’eau, la transpiration dégagée par ces glandes contient divers composés, notamment des molécules de gras (lipides) dont raffolent les bactéries. On aurait donc tort d’associer systématiquement ces parfums « biologiques » à une hygiène un peu discutable. Par contre, si votre enfant est encore prépubère et dégage des odeurs corporelles intenses, il serait bon d’en glisser un mot au médecin.

Dis-moi ce que tu manges... et je te dirai ce que tu sens

Considérez votre organisme comme une usine qui ne ferme jamais ses portes. Dans les innombrables cellules qui forment le corps humain, des millions de processus se déroulent en permanence pour nous réchauffer, nous rafraîchir, faire bouger nos muscles, emmagasiner et brûler de l’énergie, répondre aux stimuli, fabriquer de nouvelles cellules, se débarrasser des cellules mortes, décomposer et évacuer les déchets... et la liste continue.

Les aliments que nous ingérons sont constitués d’amidons, de matières grasses, de sucres et de protéines. Le corps les traite de différentes manières pour en tirer un maximum d’éléments nutritionnels. Certaines des composantes alimentaires ainsi absorbées sont ensuite excrétées par la peau.

Quels sont les aliments qui entraînent de mauvaises odeurs corporelles?

Selon une étude menée en 2006 par Havlicek et Lenochova, la viande rouge occupe une place de choix au banc des accusés. Au terme de cette expérience, les hommes s’étant abstenus de manger de la viande pendant deux semaines ont été jugés comme ayant une odeur corporelle plus agréable que ceux qui en avaient consommé.

Les amateurs de biftecks bien juteux, étant prévenus, voudront peut-être diluer les mauvais effluves en ingurgitant un bon verre de rouge. Erreur! Tout aussi délectables qu’ils soient, merlots et autres pinots noirs font aussi partie de la recette des odeurs corporelles peu ragoûtantes.

En fait, lorsque l’organisme absorbe l’alcool, il le traite comme une toxine et l’expédie directement vers le foie, qui le décompose en acide acétique. Bien que la majeure partie du liquide soit métabolisée, une partie est éliminée par les pores de la peau et exhalée par la respiration, d’où l’haleine de tonneau au lendemain de soirées un peu trop arrosées.

C’est bien connu, l’ail et les autres aliments riches en soufre comme le cari, le cumin et l’oignon ne passent pas incognito. L’ail contient un composé soufré appelé allicine – un formidable antioxydant qui est aussi fort apprécié des bactéries présentes dans les glandes sudoripares. Une fois nourries, les bactéries libèrent le soufre par les pores, sous forme de gaz. Hélas, la chaleur accélère les processus métaboliques bactériens et par conséquent la décomposition des éléments malodorants. Or, la température corporelle est justement plus élevée sous les aisselles et au creux de l’aine; ce n’est donc pas par hasard que ces régions ont la réputation de ne pas toujours sentir la rose.

L’espoir passe par la digestion!

Une mauvaise digestion peut entraîner un déséquilibre de la flore intestinale; nos bonnes bactéries sont donc obligées de pédaler davantage, sans arriver à décomposer complètement les déchets. La peau est alors mise à contribution comme voie d’élimination. Pour éviter cela, on doit d’abord s’assurer de bien mastiquer les aliments pour les fractionner le plus possible. Par la suite, le fait d’avoir un métabolisme en santé et actif facilitera le processus digestif, ce qui améliorera l’absorption des vitamines, protéines et autres matières nutritives tout en limitant la quantité de sous-produits indésirables.

Même le système digestif le plus performant a besoin d’un petit coup de pouce de temps à autre. Des plantes comme le pissenlit ou dent-de-lion (Taraxacum officinale), l’artichaut (Cynara scolymus), le chardon-marie (Silybum marianum) et le boldo (Peumus boldos) ont des effets positifs prouvés sur le système gastro-intestinal.

En effet, le pissenlit exerce une action préventive contre la toxicité hépatique en facilitant la digestion des toxines et en réduisant l’accumulation de lipides et de triglycérides, pour un meilleur contrôle des graisses.

L’artichaut, quant à lui, améliore la tolérance au glucose et réduit la perte de glutathion, un des plus importants antioxydants du corps humain, au niveau de la cellule même. Cette action fait en sorte que les substances toxiques comme l’alcool sont traitées plus efficacement avant de parvenir à votre épiderme – et au nez de votre voisin.

De son côté, le chardon-marie, reconnu depuis longtemps comme un des meilleurs amis du foie, s’assure que le précieux organe joue parfaitement son rôle dans la métabolisation des graisses, des protéines et des glucides.

Finalement, le boldo n’est pas en reste et veille sur la vésicule biliaire, qui sécrète les sels biliaires servant à émulsifier les gouttelettes adipeuses. Ces dernières deviennent ainsi de plus en plus petites, permettant aux bactéries de l’intestin de les traiter et de les métaboliser plus efficacement, ce qui évite la prolifération de composés générant des odeurs.

Ces quatre alliés sont fort heureusement réunis dans le Complexe Digestion, sous forme de comprimés faciles à avaler. Comme ces plantes peuvent exacerber un trouble digestif associé à la vésicule biliaire ou au foie, demandez d’abord conseil à votre médecin traitant, comme vous le feriez avant de prendre tout nouveau produit de santé naturel.

Références:
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