Des compagnons indésirables

Les défis de la culture biologique chez A.Vogel

Cheryl Vincelette
Andrea Pauli
@AVogel_ca


07 mai 2021

La pollution, les toxines des plantes, les mauvaises herbes nuisible – pendant la culture et le traitement de plantes médicinales, on ne peut pas être assez prudent pour livrer un produit médicinal de grande qualité à la toute fin. C'est pourquoi, chez A.Vogel, le laboratoire joue dès le début un rôle très important dans le processus de fabrication.

Avant même son traitement, la matière première est soumise, conformément à l'état actuel de la science et aux réglementations officielles en vigueur, à des tests portant sur les composants, les paramètres de pureté et les contaminants. Pour ce qui est des contaminants, l'équipe du laboratoire de A.Vogel dirigée par Reto Brunschwiler, le responsable de la division Contrôle de la qualité, se fie tout d'abord aux collègues de la division Culture: «Ils font très bien leur travail, nos données le prouvent». Les mauvaises herbes indésirables sont donc arrachées avant et pendant la récolte sur les champs de Roggwil TG (mot clé: désherbage méticuleux) et, tout de suite après, elles sont identifiées au laboratoire. Pourquoi est-ce si important?

Un regard affûté sur les contaminants

Prenons l'exemple des alcaloïdes pyrrolizidiniques (en abrégé: AP). Une expression compliquée pour un effet insidieux: les AP sont des composants végétaux dont l'ingestion peut nuire à la santé, particulièrement au foie. Qu'il s'agisse du séneçon, du tussilage ou de la vipérine: jusqu'ici, des AP ont été détectés dans environ 350 espèces végétales dans le monde. En raison de la récolte involontaire de parties des plantes et de graines («mauvaises herbes») contenant des AP, ces substances préoccupantes peuvent également être introduites dans les médicaments. Il est donc indispensable d'identifier à temps les plantes problématiques qui contiennent des AP: «Chaque livraison de plantes est contrôlée minutieusement pour voir si elle contient des mauvaises herbes connues porteuses de ce poison», explique Gabriela Rohr, responsable de la division Gestion de la qualité.
Le problème avec les plantes qui contiennent des AP est le suivant: en agriculture biologique, outre le fait de renoncer aux herbicides, l'objectif est justement de favoriser la diversité des espèces. Madame Rohr fait remarquer: «Pour la gestion des cultures, les mauvaises herbes sont importantes et elles ne sont pas uniquement que "des mauvaises herbes".» «Chez nous, l'avantage est que nous traitons des plantes fraîches, nous pouvons donc déjà distinguer les plantes médicinales des mauvaises herbes sur le chariot de récolte», ajoute Reto Brunschwiler. Il s'agit d'un critère important, si on compare par exemple avec les fabricants qui achètent des plantes médicinales déjà hachées (achat à l'aveuglette). Des mesures de réduction des risques visant les AP sont importantes, mais pas seulement pour des raisons de santé. Monsieur Brunschwiler fait remarquer: « Ces mesures garantissent également que nous ne devrions pas, par exemple, jeter des lots contaminés.»
Gabriela Rohr explique: «Jusqu'ici, nous avons fait 220 analyses de risque sur un large éventail de plantes et produits qui sont importants pour nous, nous savons donc où se trouvent les plantes problématiques». Bien entendu, nous transmettons également ce savoir à nos partenaires contractuels qui cultivent des plantes médicinales pour A.Vogel. «En particulier avec l'Hypericum (millepertuis), nous savons que nous devons être très attentifs, car le séneçon, une plante à l'aspect similaire, constitue un problème potentiel», ajoute Madame Rohr.

Contrôle de la présence de mauvaises herbes après la récolte de l'Hypericum (millepertuis)

Une bonne maîtrise des métaux lourds

Pour ce qui est des métaux lourds, nous sommes relativement confiants: Reto Brunschwiler nous fait part de son expérience: «Ils sont évitables, l'apport de ces substances est facilement contrôlable». Actuellement, une attention particulière est portée au mercure, à l'arsenic, au cadmium et au plomb.

Quelles sont les mesures appropriées? Arrêter la fertilisation à temps, contrôler soi-même le compost, examiner méticuleusement toute collecte sauvage. Le sol doit aussi faire l'objet d'une attention particulière: «Un problème peut venir de l'ameublissement du sol avec du sable: il faut vérifier d'où provient précisément le sable», souligne Gabriela Rohr.
De temps à autre, le laboratoire de A.Vogel organise aussi des contrôles pour la présence de métaux lourds dans le sol. «Chaque année, nous analysons au moins une livraison de marchandise de chaque fournisseur pour déterminer tous les résidus», rapporte la responsable de la division Gestion de la qualité. Les fournisseurs de plantes médicinales/les agriculteurs sous contrat apprécient d'ailleurs cette démarche. « Bien entendu, ces données les intéressent, car les analyses sont assez coûteuses, un agriculteur ne les commande pas rien que pour lui», nous confie Madame Rohr. Les partenaires contractuels aiment aussi présenter les résultats de ces analyses onéreuses lors de leur propre inspection biologique annuelle.

Les pesticides problématiques

L'utilisation de pesticides est un sujet délicat: vous pouvez vous consacrer avec autant de passion que vous voulez à l'agriculture biologique – si des jardiniers ou des agriculteurs des environs utilisent ce que l'on appelle des produits phytosanitaires (des fongicides, des herbicides, des insecticides), ces derniers peuvent aussi atterrir, non intentionnellement, dans les champs de A.Vogel et/ou affecter les plantes médicinales par le biais du cycle de l'eau. C'est ce que l'on appelle des contaminations croisées – car on ne cultive pas les champs sous une cloche protectrice, mais généralement à ciel ouvert.
A.Vogel a des contrats avec différents laboratoires qui testent 500 à 600 pesticides. Reto Brunschwiler vérifie à chaque fois que les méthodes utilisées sont appropriées et que les limites appliquées sont correctes. Avec la division Gestion de la qualité de A.Vogel, il interprète alors les résultats des laboratoires externes. «De cette manière, nous avons assuré une couverture à large spectre en ce qui concerne les éventuelles contaminations.», explique le responsable de la division Contrôle de la qualité.

Gabriela Rohr, responsable de la division Gestion de la qualité, dipl. pharm., Dr. sc. nat. EPF, depuis 2000 chez A.Vogel

Reto Brunschwiler, responsable de la division Contrôle de la qualité, baccalauréat en sciences de la vie (B.sc.) chimie biologique, depuis 2015 chez A.Vogel

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