La chasse aux acariens est ouverte!

Le mot « acariens » évoque instantanément des images de créatures étranges et minuscules, tapies dans les moindres recoins de votre intérieur. Mesurant à peine de 0,2 à 0,3 millimètre, ces bestioles effectivement microscopiques sont toutefois bien nourries, occupées qu’elles sont à grignoter toutes les petites particules de peau humaine et animale qui traînent ici et là.

Allergies


Owen Wiseman
@AVogel_ca


28 novembre 2018

Lorsque le système immunitaire décèle un intrus, il mobilise rapidement les ressources disponibles – en l’occurrence des globules blancs – pour le combattre.

Ces globules (aussi appelés leucocytes) se présentent dans toute une variété de formes et de tailles, et réagissent à certaines catégories de pathogènes. Les plus facilement reconnaissables sont les macrophages non spécifiques, qui engloutissent tout ce que l’organisme ne considère pas comme sûr (autrement dit, tout ce qui n’est pas ses propres cellules).

Les autres cellules immunitaires sont appelées cellules tueuses naturelles. Elles constituent en quelque sorte notre deuxième ligne de défense, car elles sont plus sélectives et ciblent uniquement les cellules que le pathogène ou le virus a envahies. Lorsqu’il est en contact avec un nouvel agent pathogène, l’organisme crée des anticorps sur mesure.

S’il survient une autre attaque par le même envahisseur, ces anticorps se fixeront aux antigènes de l’élément indésirable et alerteront le système immunitaire, qui déclenchera alors une réaction plus rapide et plus puissante.

Chez les personnes aux prises avec des allergies aux acariens, la réaction physique est provoquée par la petite bête elle-même. Apparaîtront alors les symptômes classiques des allergies, entre autres écoulement nasal, toux, picotements dans les yeux et sensation de pression au niveau du visage.

Les sécrétions créent une barrière qui emprisonne certains pathogènes et les empêchent de pénétrer une membrane qui, autrement, ne bénéficierait d’aucune protection. Lorsqu’un pathogène se présente, l’organisme intensifie la production de mucus pour se protéger des autres éléments importuns qui pourraient emboîter le pas. La toux est aussi un moyen pour le corps d’expulser de nouveaux envahisseurs et de libérer la trachée des visiteurs mal intentionnés qui auraient pu s’y installer.

Quant à la pression faciale, elle est le résultat de l’enflure des sinus; dans les cas graves, ces derniers pourraient nécessiter un drainage. Avant de vous lancer dans une opération de stérilisation mur à mur, sachez que les méthodes classiques de nettoyage n’ont habituellement aucun effet sur les acariens.

Ceux-ci sont trop petits pour que les fibres de la plupart des chiffons puissent les retenir. Qui plus est, le fait de remuer toute cette poussière peut même aggraver vos symptômes en propulsant ces organismes microscopiques dans l’air ambiant.

Vous aurez plus de succès pour atténuer les allergies aux acariens en utilisant les moyens suivants :

  • Brossez votre compagnon poilu. Lorsqu’on néglige le brossage des animaux de compagnie, leurs phanères (squames) se transforment en incubateurs à acariens. Si vous brossez régulièrement son pelage, non seulement pitou ou minou vous en sera reconnaissant, mais vous éliminerez du même coup un habitat potentiel pour les acariens. De plus, le mouvement de brossage est semblable à celui d’une caresse, ce qui selon les études accroît les niveaux d’immunoglobuline A, un anticorps qui fournit une protection contre les pathogènes et allergènes potentiels, tout en réduisant le rythme cardiaque et la tension artérielle.
  • Faites attention à l’endroit où vous posez votre tête. Les acariens adorent les taies d’oreiller ou la literie qui n’a pas été lessivée depuis un petit moment. Ces organismes étant sensibles à la chaleur, le lavage permet de les neutraliser, en même temps qu’il fait disparaître les particules de peau morte composant leur menu quotidien. Vous pouvez également vous procurer des housses plastifiées pour votre matelas et vos oreillers afin de prévenir l’accumulation de squames et éviter que les acariens n’élisent domicile dans les tissus.
  • Soulagez vos symptômes. S’il est utopique d’espérer anéantir tous les acariens qui se cachent dans votre demeure, il est par contre très possible d’atténuer les réactions allergiques comme la sensation de brûlure dans les yeux ou les picotements dans le nez. Des produits tels que Soulagement Allergies agissent en normalisant la réaction de l’organisme aux allergènes et se présentent sous forme de liquide, de comprimés ou de vaporisateur nasal.
  • Prenez note des conditions météorologiques. Les acariens ont tendance à préférer le temps plus chaud et humide; ils sont donc plus présents dès le début de l’été. Parmi les mesures préventives à prendre, songez à vous procurer un filtre à air pour éliminer la poussière ainsi qu’un déshumidificateur pour rendre votre intérieur un peu moins invitant pour ces squatteurs.
  • Passez des tests! La consultation d’un allergologue est l’une des meilleures mesures de prévention que vous puissiez adopter. Ces médecins possèdent la formation nécessaire pour analyser et identifier les déclencheurs auxquels leurs patients sont sensibles. Vous pourriez ainsi avoir la surprise de découvrir que les coupables ne sont pas les acariens, mais plutôt le poil de votre chaton. En faisant appel à un professionnel de la santé, vous éviterez de faire des dépenses inutiles et vous pourrez vous concentrer sur la véritable cause du problème.

Références:
http://allergomedik.com/en/allergies-and-dust-mites-statistics
https://www.hindawi.com/journals/jir/2013/542091/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3236382
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7788571
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15762389