Impact préoccupant des antibiotiques sur le microbiome

Digestion


Owen Wiseman
@AVogel_ca


08 janvier 2020

Qu'elle est la différence entre le microbiome et le microbiote?

On appelle collectivement microbiote les différentes espèces d'archées, de bactéries, de champignons et de virus présents dans l'intestin humain. Le contenu génétique de ces micro-organismes (métagénome) et leurs interactions forment le microbiome.

Quelles sont les fonctions du microbiome et des bactéries qui y résident?

Les bactéries commensales (bénéfiques) qui résident dans l'intestin jouent différents rôles :

  • Synthèse des vitamines
  • Traitement de la bile
  • Métabolisme
  • Protection

Quels sont les avantages et inconvénients du recours aux antibiotiques?

Il est difficile de répondre à cette question, car chaque personne réagit très différemment aux antibiotiques en fonction de la quantité des divers microbes en présence. Toutefois, la recherche démontre systématiquement l'impact des antibiotiques sur le microbiome à court terme.

Les antibiotiques peuvent guérir les infections rapidement et réduire le risque d'infections postopératoires; certains commencent à agir en quelques heures à peine. Leur usage comporte par contre le risque de développement d'une antibiorésistance : certaines souches bactériennes deviennent moins sensibles aux antibiotiques et cessent d'y réagir, ce qui leur permet de proliférer. Dans le pire des cas, cette explosion microbienne non contrôlée peut engendrer une septicémie.

Finalement, certains antibiotiques entraînent des effets secondaires comme la sensibilité au soleil, des difficultés à synthétiser ou à absorber les nutriments, ou encore une dysbiose gastro-intestinale provoquée par la réaction combinée des bactéries bénéfiques et des espèces nuisibles.

Comment les antibiotiques affectent-ils la santé à long terme des enfants alors qu'ils entrent dans l'adolescence?

Une étude néo-zélandaise publiée en 2019 a porté sur 474 mères et leurs bébés, classés selon qu'ils aient été ou non exposés aux antibiotiques et, si oui, selon leur âge lors de la première exposition :

  • 0-6 mois,
  • 6-12 mois ou
  • 12-24 mois.

Lorsqu'ils ont atteint l'âge de 11 ans, ces enfants ont fait l'objet de diverses évaluations neurocognitives par un psychologue; parents et enfants ont également fourni leurs propres évaluations.

On a établi qu'à la suite d'une exposition précoce aux antibiotiques, 72 % des participants couraient un risque accru de problèmes associés à:

  • l'anxiété,
  • au trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité,
  • aux troubles émotionnels,
  • aux troubles des fonctions exécutives,
  • à l'hyperactivité,
  • à l'impulsivité et
  • aux troubles métacognitifs. 

Une étude similaire menée par l'Université d'Auckland en 2017 avait fait état d'une incidence accrue de difficultés comportementales et de symptômes dépressifs à l'âge de trois ans et demi chez les sujets ayant été exposés précocement aux antibiotiques.

Certaines affections chez les adultes sont-elles liées à la santé du microbiome?

En Belgique, le Projet flamand sur la flore intestinale a recruté 1054 adultes souffrant de dépression et a procédé à une analyse de selles pour vérifier l'état de leur microbiome.

On a remarqué une réduction substantielle des populations de bactéries Coprococcus et Dialister chez ces personnes. Cette baisse a été constatée après vérification des effets des antidépresseurs.

Dans les cas de schizophrénie, la recherche a démontré que la sévérité de la maladie pourrait avoir un lien avec les bactéries intestinales Lachnospiraceae et Veillonellaceae. Cette observation a été faite à la suite de l'implantation du microbiote intestinal de personnes atteintes de schizophrénie chez des souris axéniques (exemptes de germes), dont on avait préalablement éliminé toute la flore intestinale. Ces souris ont par la suite manifesté une augmentation de leur réflexe de sursaut, une hyperactivité locomotrice ainsi qu'une diminution des symptômes pseudo-anxieux et pseudo-dépressifs.

Enfin, dans une autre étude, les chercheurs ont effectué un transfert du microbiote provenant de personnes atteintes de stéatose hépatique non alcoolique et ont découvert chez 60 % d'entre elles une souche de Klebsiella pneumoniae produisant une quantité élevée d'alcool.

Existe-t-il des moyens d'atténuer l'impact des antibiotiques sur le mibrobiome?

Une approche possible est le recours aux prébiotiques et aux probiotiques, des substances qui nourrissent et maintiennent les probiotiques ainsi que les microorganismes vivants eux-mêmes, respectivement.

Plusieurs aliments sont riches à la fois en prébiotiques et en probiotiques, mais il est difficile de garantir une qualité ou une quantité constante des espèces.
Des produits alimentaires standardisés tels que Molkosan sont riches en acide lactique L+, un prébiotique que certaines espèces décomposent en butyrate, lequel favorise le maintien des colonocytes. Lorsqu'on administre des prébiotiques pour nourrir la flore intestinale, ceux-ci stimulent l'activité des globules blancs et des cellules qui tapissent l'intestin.

Pour les personnes qui préfèrent un autre goût que celui du petit-lait, Molkosan Petits fruits propose une saveur ajoutée de baies de grenade et d'aronia, lesquelles contiennent des polyphénols bénéfiques pour l'intestin. Des molécules présentes dans la grenade, les ellagitanins, contribuent également à stimuler la croissance des bonnes bactéries intestinales.

La modification des habitudes alimentaires par la consommation accrue de fibres présente un double avantage, soit de favoriser la croissance des bactéries bénéfiques et de réduire celle des bactéries nuisibles. Les fibres augmentent aussi le volume des selles, ce qui est un atout car la diarrhée est l'un des inconvénients les plus souvent associés à l'antibiothérapie.

On retrouve les fibres dans les produits de grains entiers, dans les légumes de même que dans des produits végétaux comme l'enveloppe de psyllium (Plantago ovata). La recherche indique que le psyllium aide en outre à régulariser la glycémie, abaisser la cholestérolémie et réduire le risque de maladie du cœur.

Références :
https://advances.sciencemag.org/content/5/2/eaau8317
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4489621/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6296223/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17761020
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24642201
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27701771
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30718848
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31041458
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31543403

 

Gagnez un voyage pour visiter nos jardins en Suisse!