Quand la douleur vous tient en éveil…

Au terme d’une journée bien remplie, quoi de plus réconfortant que de trouver refuge sous la couette pour enfin décompresser, au propre comme au figuré?

Muscles et articulations | Stress et sommeil


Owen Wiseman
@AVogel_ca


13 janvier 2019

Y a-t-il que moi à subir pareil supplice?

Bien qu'il soit difficile de connaître le nombre exact de personnes aux prises avec des douleurs articulaires, dites-vous que vous êtes loin d'être le seul membre du club. En effet, plus de quatre millions et demi de Canadiens souffrent de douleurs causées entre autres par l'arthrite, y compris un enfant sur mille.

Comment la douleur articulaire se présente-t-elle?

La douleur articulaire peut se manifester de différentes façons, parfois d'un seul côté du corps, parfois de façon symétrique. Les personnes atteintes d'arthrite rhumatoïde, pour leur part, éprouvent fréquemment des raideurs matinales; dans certains cas, il leur faudra plus d'une heure pour se délier avant d'entreprendre la journée. Les articulations douloureuses sont souvent rouges et enflées, avec une légère sensation de brûlure ou de chaleur au toucher.

Un sommeil interrompu pendant plusieurs nuits d'affilée n'est pas exactement le plus réparateur et ne laisse guère présager des journées productives... La fatigue ainsi accumulée finit par constituer un autre symptôme majeur qui hypothèque cruellement la qualité de vie.

À quoi ma douleur articulaire est-elle due?

D'innombrables problèmes de santé peuvent être à l'origine d'une douleur articulaire; dès que celle-ci se manifeste, il est important de la signaler à un médecin afin d'en déterminer la cause.

Parfois la douleur est attribuable à la dégradation du cartilage entre deux os, qui frottent alors l'un contre l'autre. Dans d'autres cas, c'est le propre système immunitaire de l'organisme qui crée des anticorps s'attaquant aux tissus mous des articulations.

Ou encore, celles-ci deviennent enflées parce qu'elles ont été trop sollicitées ou à cause de l'humidité ambiante – les éléments mobiles glissent alors moins bien.

Quelles sont les conséquences des affections musculosquelettiques?

On estime que ces conditions arrivent au second rang en termes de coûts de santé pour l'économie canadienne, soit 16,4 milliards de dollars annuellement, après les maladies du cœur. L'arthrite à elle seule coûte environ 4,4 milliards par an ou 11 500 $ par personne en raison des incapacités liées à la maladie. Lors d'une crise, la douleur peut être telle que les personnes atteintes sont dans l'impossibilité de taper sur un clavier ou d'effectuer un quelconque travail manuel.

Pourquoi la douleur me réveille-t-elle la nuit?

Durant le jour, le mouvement assure la circulation des fluides présents dans les articulations, ce qui permet de filtrer les éléments susceptibles de provoquer de la douleur tout en assurant un apport nutritif aux régions concernées. Pendant le sommeil, l'absence quasi totale de mouvement favorise l'accumulation d'agents inflammatoires.

Il faut également savoir que le cartilage agit un peu comme une éponge : du liquide synovial (qui tient lieu de lubrifiant) peut ainsi s'échapper mais de nouveaux fluides peuvent pénétrer au moment où la pression exercée sur l'articulation est relâchée. Les mouvements effectués quotidiennement assurent le bon fonctionnement de ce système, mais son efficacité chute lorsque le corps est au repos pour la nuit.

Le cortisol n'est pas étranger non plus à l'expérience de la douleur. Cette fameuse « hormone du stress » est un puissant anti-inflammatoire dont les niveaux fluctuent tout au long de la journée. Le taux de cortisol commence habituellement à augmenter au réveil, pour atteindre un sommet et redescendre vers midi, puis remonte encore pour diminuer ensuite, avant une ultime poussée dans la soirée.

Comme il est lié à la stimulation mentale et physique, le cortisol se maintient à un niveau plus faible durant la nuit; des taux plus élevés nuiraient au sommeil. Cela constitue toutefois un désavantage pour les personnes souffrant de douleurs articulaires, qui auraient bien besoin de l'effet anti-inflammatoire de cette hormone pour mieux fonctionner le jour.

Je constate parfois que le temps qu'il fait accentue la douleur, comment cela s'explique-t-il?

Pendant longtemps, les personnes ayant des douleurs articulaires ont su que la météo pouvait influencer leur état, et ce, bien avant que la recherche le confirme. Une étude menée auprès de personnes atteintes d'arthrose du genou a conclu que les modifications de la pression barométrique et de la température avaient un impact sur l'intensité de la douleur.

Lors d'une autre étude portant sur l'arthrite rhumatoïde, on a démontré que des sujets souffrant de la maladie voyaient leur douleur diminuer lors de journées comptant davantage d'heures d'ensoleillement, et augmenter lorsque le niveau d'humidité était plus élevé. On a également observé une tendance à la hausse de la douleur sous des températures plus chaudes. Évidemment, on n'a aucun moyen de modifier les conditions atmosphériques, du moins pas encore, mais dans la mesure où vous pouvez savoir ce qui déclenche votre douleur articulaire, vous serez à même de mieux la gérer.

L'exercice peut-il m'aider?

Oui, il a été démontré que l'exercice est très bénéfique pour les personnes aux prises avec des douleurs articulaires. Un programme d'exercice de 12 semaines au moyen du tapis roulant et de poids de faibles charges a permis d'apporter des améliorations notables au niveau de l'intensité de la douleur, de la qualité de vie et de la capacité à exécuter les tâches quotidiennes. Le fait de bouger facilite la circulation du liquide synovial dont il a été question plus haut. Souvent, les personnes atteintes d'arthrite rhumatoïde ont une plus grande perte de masse musculaire car la douleur les empêche d'effectuer certains mouvements. Les muscles ainsi affaiblis rendent la récupération encore plus difficile.

Qu'en est-il de l'alimentation? Il me semble que certains aliments exacerbent la douleur.

Si vous avez fait le lien entre régime alimentaire et douleur articulaire, vous êtes déjà sur la bonne voie! Assurez-vous d'intégrer des aliments et des épices anti-inflammatoires dans votre menu, par exemple le formidable curcuma, dont les effets s'apparentent à ceux de l'ibuprofène pour apaiser la douleur articulaire. Il est tout aussi important d'éviter les aliments qui favorisent l'inflammation, dont plusieurs ne vous sont peut-être pas inconnus, entre autres l'alcool consommé en grandes quantités, le sucre, les gras trans, tous les aliments frits ou panés ainsi que les viandes transformées.

Voilà d'excellents conseils, mais j'ai besoin d'un soulagement plus rapide... puis-je prendre quelque chose pour atténuer la douleur?

Si vous avez besoin d'un répit de toute urgence, deux plantes ne tarderont pas à devenir vos plus fidèles alliées. La première, Arnica montana, pousse couramment en Europe, en Sibérie et dans le nord-ouest des États-Unis. On l'utilise depuis longtemps pour contrôler l'inflammation et stimuler la circulation sanguine dans la région traitée. Cet aspect n'est pas à négliger chez les personnes souffrant de douleurs articulaires; en effet, la mise en échec des agents inflammatoires peut faire toute la différence au niveau de la douleur, en particulier par l'utilisation d'un gel comme Absolüt Arnica en application topique avant le coucher.

L'autre plante salvatrice s'appelle Harpagophytum procumbens, mais elle est mieux connue sous le nom de griffe du diable; cette espèce est originaire d'Afrique du Sud. Les harpagosides, composants actifs de la plante, exercent aussi une action anti-inflammatoire et peuvent être absorbés par voie interne en combinaison avec l'application locale d'Arnica. Des produits comme les comprimés Douleurs articulaires peuvent procurer cet effet bienfaisant; l'Agence européenne des médicaments note toutefois qu'une amélioration notable pourrait mettre de 2 à 3 mois à se manifester, le temps que les harpagosides s'accumulent dans les tissus de l'organisme. Les patients remarqueront alors une diminution de la douleur et une augmentation de la mobilité articulaire.

Références:
https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-229-x/2009001/status/art-eng.htm
https://ard.bmj.com/content/annrheumdis/54/5/417.full.pdf
https://www.ema.europa.eu/documents/herbal-report/final-assessment-report-harpagophytum-procumbens-dc/harpagophytum-zeyheri-decne-radix_en.pdf
https://jointhealth.org/programs-jhmonthly-view.cfm?id=47&locale=en-CA
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3042669/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3186928/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3766928/
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https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17466654
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https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29325839